20 novembre 2012

The Beethoven Journey: Piano Concertos n° 1 & 3, un disque du norvégien Leif Ove Andsnes


Enregistré en direct du festival de Prague, le disque intitulé The Beethoven Journey:Piano Concertos n° 1 & 3 du norvégien Leif Ove Andsnes voit le soliste diriger du clavier le Mahler Chamber Orchestra. Leur interprétation s’est mûrie lors d’une grande tournée de concerts consacrée à l’intégrale des œuvres concertantes pour piano du compositeur allemand.

Introduit nerveusement par l’orchestre, l’Allegro con brio du « Concerto pour piano n° 1 en Do majeur » op. 15 (1795), en réalité le second concerto du jeune compositeur osant largement des hardiesses d’écriture, révèle un pianiste doté d’un jeu agile et d’une sonorité transparente qui servent un discours enjoué tout en fluidité. Une rêveuse sérénité colore le thème du Largo qui gagne en profondeur et en générosité au fil de variations inspirées. Andsnes entame le Rondo : Allegro scherzando, d’inspiration tzigane, avec un ton badin, puis déroule le mouvement avec une audacieuse virtuosité. Son toucher soyeux soulignant son aisance entre en dialogue contrasté avec l’orchestre, dont les accentuations frôlent une sécheresse trop marquée.

Dans la longue introduction de l’Allegro con brio du « Concerto pour piano n° 3 en Ut mineur » op. 37 (1803) où s’exprime toute la fougue beethovenienne, le Mahler Chamber Orchestra, dont la clarté du pupitre des bois lui donne une sonorité presque baroque, dégage une énergie bouillonnante, impérieuse. Leif Ove Andsnes laisse libre cours à de lumineuses envolées lyriques dans les arpèges, à une légère fantaisie dans les guirlandes de broderies et de trilles où son toucher perlé fait merveille. Autorité et tendresse, fièvre et volupté se conjuguent dans la cadence, qui amène un finale où des motifs de tierces, tels des appels pétris d’émois, exultent avec grandiloquence dans les derniers accords. Richesses des harmonies, mélodies où les aigus perçants du pianiste se font entendre, nappes plus voluptueuses d’arpèges : le Largo se révèle de grande ampleur. Une noble espièglerie règne dans le Rondo : Allegro emmené avec prestance.

En parfaite connivence, Leif Ove Andsnes et le Mahler Chamber Orchestra signent une interprétation où, derrière la rigueur du discours, point un naturel et une évidence plus que convaincants.

Sortie chez Harmonia Mundi en septembre 2012.

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