14 mars 2012

Le Triomphe de l’amour, airs d’opéras français par Sandrine Piau


Marquant le retour discographique de la soprane Sandrine Piau à son répertoire de prédilection qu’est la musique baroque, Le Triomphe de l’amour (2012) offre un voyage musical dans le paysage de l’opéra français des XVIIe et XVIIIe siècles. Ces airs oubliés, œuvres de compositeurs appréciés sous les règnes de Louis XIV, Louis XV et jusqu’à la Révolution, sont accompagnés par l’ensemble Les Paladins, placé sous la direction du chef Jérôme Correas.

L’air de Léonore de L’Amant jaloux d’André-Ernest-Modeste Grétry propose une ouverture enlevée où la virtuosité époustouflante de Sandrine Piau sert une expression impétueuse. Dans l’air de Galatée du Scandenberg de François Rebel et François Francœur, précédé par son ouverture interprétée majestueusement par l’orchestre (noblesse et précision des articulations également remarquables dans le Renaud d’Antonio Sacchini), elle campe une Galatée outragée avec force théâtralité, tandis que cette même figure mythologique inspire à Jean-Baptiste Lully une amertume qui se teinte de préciosité. Déchirant, l’air de Jonathas de Marc-Antoine Charpentier oscille entre fureur soudaine et langueur pudique des effets de voix senza vibrato. Les Fêtes de Ramire et Les Paladins de Jean-Philippe Rameau sont propices aux couleurs transparentes d’un orchestre dont les sonorités douces se fondent à celles du flûtiste François Nicolet. Avec l’air au charme mélodieux de Nise, extrait de La Bohémienne de Charles-Simon Favart, et celui de Phani des Indes galantes de Rameau, tout en pureté, Sandrine Piau fait preuve d’une souplesse et d’une ampleur de phrasé, d’une pureté de la ligne qui se complètent à son timbre cristallin et incisif, pour finir de constituer le portrait d’une interprète au tempérament stupéfiant. 
Sortie le 6 mars 2012 chez Naïve.

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