25 décembre 2011

Fragments d’un discours amoureux d’après Roland Barthes, à La Loge à Paris

En une saynète à la dramaturgie éclatée, imaginée d’après les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, la metteure en scène Julie Duclos et la compagnie de l’In-quarto recomposent leur propre discours d’amoureux qui abolit les frontières entre théâtre et réalité. Aux scènes campant de cocasses situations se juxtaposent musiques et bande vidéo, une mise en abyme qui ancre le spectacle dans l’époque de la Nouvelle Vague et quelques histoires personnelles. Extraits d’A bout de souffle dont le style contamine l’ensemble, rushes recueillant les bavardages des comédiens, courts-métrages tournés sur des lieux parisiens… ces jeunes gens embarrassés par leurs peurs et leur désir de vivre côtoient Jean Seberg, Jean-Paul Belmondo, ou Les Amants du Pont-Neufrévélant ainsi que tous les amoureux sont semblables dans l’épreuve faite de leur propre solitude. Cinq acteurs sincères et spontanés incarnent sur scène des symptômes mis à nu par Barthes : Attente, Jalousie, Angoisse, Souvenir… avec humour, ferveur ou nonchalance. Les figures dessinées touchent du doigt ce que tout comportement d’amoureux a de cliché, lorsqu’il est notamment confronté pour la première fois à une situation qu’il vit de manière quasi tragique, avec une certaine complaisance masochiste. Invité tendrement à se reconnaître en elles, le spectateur oscille entre prise de recul sur lui-même, résurgence de ses propres souvenirs, et empathie, car être amoureux selon Barthes, « c’est bête, mais c’est vrai ». Un spectacle aux tonalités douces-amères, au souffle toujours rafraichissant.
Le 14 décembre 2011 à La Loge à Paris. Cf. revue de presse du théâtre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire